IntroductionL'hyperglycémie à l'admission des patients présentant un AVC est fréquente. Son rôle néfaste dans les infarctus cérébraux a été bien établi, mais les données pour les hémorragies intracérébrales (ICH) sont moins nombreuses
ObjectifsL'objectif de cette étude était d'évaluer l'impact de la glycémie à l'admission (GA) sur le pronostic des patients présentant une ICH à partir du Registre Dijonnais des AVC.
MéthodesTous les cas d'ICH de novo survenus au sein de la population de Dijon (150.000 habitants) furent enregistrés de manière prospective de 1985 à 2008, à partir de sources d'information multiples. Les facteurs de risque, traitements préalables et données cliniquesfurent recueillis. La GA était mesurée. Le pronostic fonctionnel des patients était évalué à la sortie (handicap léger à modéré versus handicap sévère). La mortalité était évaluée à 1 mois.
Résultats465 ICH furent recueillies (GA disponible chez 416 malades (89,5%), médiane: 6,92 mmol/l (IQR=5.7-10.2 mmol/l)). Un antécédent de diabète était plus fréquemment retrouvé chez les patients avec une hyperglycémie à l'admission que sans (30,9 % vs 8,7 ; p< 0,001). En multivarié le tertile supérieur de GA (> 8.6 mmol/l) était un facteur prédictif indépendant de handicap sévère à la sortie (OR=2,51; IC 95% =1,43-4,40; p=0,01) et de décès à un an (HR=2,51, IC 95% CI=1,23-2,43; p=0,002).
DiscussionCette étude populationnelle démontre que l'hyperglycémie à l'admission des patients présentant une ICH représente un facteur de mauvais pronostic vital et fonctionnel à court terme. Ces résultats sont concordants avec les quelques données de la littérature issues d'études limitées par un recrutement faible, exclusivement hospitalier, ou l'absence de prise en compte des facteurs confondants dans les analyses statistiques.
ConclusionNos résultats suggèrent que des essais thérapeutiques visant à évaluer les stratégies d'abaissement de la glycémie à la phase aigue des ICH pourraient être intéressants afin d'améliorer le pronostic des patients.